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Auteur Pierre REKLIN peintre

https://www.pierre-relkin.com/copie-de-musica-et-pictura

Publié le 20 septembre 2020

Cette catégorie infatuée et dédaigneuse dite "art contemporain" a de bonnes raisons de s’approprier la qualité d’art pour en un mot vassaliser et bâillonner l’art tout entier. Tout ce qui n’appartiendrait pas au monde de l’art dit contemporain serait de facto plongé dans un anonymat humiliant et le priverait de patronyme.

Par Pierre ORGEUR

Faire face ! Tel est le challenge, on pourrait même dire le défi, proposé à chacun d’entre nous en cette période délicate s’il en est.

Par Christophe Baillat

Prologue

Des montagnes bordent Saint-Girons, ce sont les Pyrénées ariégeoises. Mon père s’y trouve. Nous aurions dû l’y rejoindre, le confinement nous en a empêchés. Retour en arrière. Le 29 février, il vient avec le livre : un été sur la Bièvre d’Adrien Gombeaud, déjeune avec nous. A 15 h, nous assistons à une visite théâtralisée[1] de la Maison Léon Blum à Jouy-en-Josas. Puis il rentre à Savigny-le-Temple et, le lendemain, prend le volant direction l’Ariège via Limoges. Il emprunte ce trajet depuis environ soixante ans.

Cette période de confinement pourrait-elle, selon vous, attirer plus de gens vers la spiritualité, la méditation ou la lecture ?

L’occasion nous est offerte d’opérer une réforme personnelle, intérieure, individuelle. Mais généralement, après une crise, la société française a tendance à renouer avec ses mauvais penchants. Nous restons persuadés que nous avons encore une mission civilisatrice universelle — ce qui est faut —, que nous sommes le phare du monde comme au XVIIe siècle, que la France va se porter au service de la planète. Mais avant de nourrir de si grandes ambitions, il faudrait vraiment se transformer soi-même. La seule chose sur laquelle on peut avoir un poids, c’est le gouvernail de sa propre barque intérieure. Après, éventuellement, on s’occupera de sauver la planète, comme dirait la petite fille suédoise…

J’avais pourtant dit que je mettrais de côté mes écrits pour un moment indéfini. L’inspiration n’est hélas toujours pas revenue mais là je dois avouer que je n’en peux plus. Enfin j’espère que NOUS n’en pouvons plus. J’aurais préféré ne pas avoir ce sujet à traiter ou pour être plus directe à « gerber ». Ces dernières actualités m’ont poussée à reprendre mon clavier pour déverser non pas ma haine mais plutôt ma peine.

LE MUGUET

Belle fleur de printemps, joli brun de muguet,
Tu réveilles la terre encore frissonnante
Des vapeurs de l'hiver, d'une angoisse affligeante.
Une senteur s'élève embaume le bosquet.

Grand prince des salons, porte-chance discret
Tes clochettes jouent une aria émouvante.
Elle est romantique, légère, attendrissante.
Ton habit de fraîcheur fleure tel un reflet. 

Sublime fleurette, joyau du mois de mai
Racontes moi pourquoi l'oiseau est beau, plus gai ?
Pourquoi le vent de ton arôme s'étourdit ? 

J'aime le mois de mai, ses joies et sa douceur.
Cueillons dans ce jardin où le charme fleurit,
Un beau brun de muguet symbole du bonheur

Nicole LARTIGUE SABROU

Enquête du Jounal du dimanche du 26 avril. 
Par Christian Massé
 
Les ressemblances sont nombreuses, et troublantes, entre la pandémie de grippe espagnole de 1918 et celle qui touche le monde en 2020
 

A la naissance, on monte dans le train et on rencontre nos Parents.

On croit qu'ils voyageront toujours avec nous.

Pourtant, à une station, nos Parents descendront du train, nous laissant seuls continuer le voyage.

Au fur et à mesure que le temps passe, d'autres personnes montent dans le train.

Selon Roland Gori, psychanalyste auteur d'une œuvre empruntant à la philosophie et à la sociologie, analyse le temps de crise que nous traversons. Selon lui, les implications de ce moment traumatique risquent d'être si profondes qu'on ne peut encore que les entrevoir.

La France se prépare à sortir du confinement. À ce stade comment trouvez-vous que le corps social a réagi ?

Mamie Nicole, tu me manques très beaucoup, j'ai envie de t'offrir un cadeau.  Mamie, j'ai envie de te revoir pour t'offrir un cadeau. Est-ce que tu vas bien. Est-ce que tu as envie de revoir tes copines et ta famille.
 
Je t'embrasse très fort!
 
Cet enfant a six ans, aussi
Bonjour Papy, je t'aime. Les devoirs avec mon papa ou maman se passent très bien. J'ai trop envie de faire du vélo avec toi et avec Mamie. Tu te sens bien, ou pas bien?
 
Moi, je me sens bien mais j'ai trop envie de revoir mes copains. Et toi, est-ce que tu as envie de revoir tes copains? Je vous embrasse tous les deux.
 
Un garçon de 6 ans

C’est la question que tout le monde pose !
Voici ce qu’ont répondu quelques "pointures" :

Œdipe : La question est complexe.
Socrate : Je ne sais pas.
Hippocrate : Tant qu’on a la santé.
Descartes : Bien, je pense.
Pascal : Et vous ? Bien je parie.

Je vous parle d’un temps
Que les moins de cinquante ans
Ne peuvent pas avoir connu.
Quatre garçons de Liverpool
Avaient réveillé les foules
Endormies par le yé-yé,
Les je t’aime moi non plus
Et autre Johnny idolâtré.
Une musique nouvelle arrivait,
Une musique nouvelle venait de naître ;

Les sentiments sont-ils réservés à certaines personnes ? Il est dit quelque fois d’une personne qu’elle n’a aucun sentiment. Peut-on franchir cette barrière ?

Les sentiments existent-ils vraiment ? Il est utile, quelquefois de se poser la question.

"On va devenir gros et alcoolos!", reconnaît une femme dans un post sur Facebook, en y joignant une photo d'elle, SEULE dans son appartement face à son ordinateur avec, à l'écran, ses copains en ligne, eux aussi un verre à la main!
 
Elle n'est ps la seule, loin s'en faut, à s'adonner à ce rituel du soir, à ce rendez-vous de comptoir virtuel. Le principe est tout de suite compris: se connecter à la même heure et, au lieu d'applaudir les soignants, les caissières et autres soldats du moment, ils...picolent de cette façon: ils font des coronapéro
 

On a beau répéter qu’il faut lire et relire « La Peste », et que le grand Camus nous avait mis en garde, il n’en reste pas moins  que la quasi-totalité de la population, est confrontée à une situation inédite : une épidémie à grande échelle, ce qui ne s’était jamais vu depuis la grippe espagnole de 1918 dont tous les survivants sont aujourd’hui décédés et ne peuvent plus témoigner… une épidémie au départ sous-estimée et dont la vitesse de propagation a pris tout le monde de court, notamment les autorités politiques et sanitaires. Tous les adultes dans la force de l’âge, et même déjà entrés dans la vieillesse, n’ont, à ce jour, connu aucune crise majeure de cette ampleur.

"Les mots signifient une chose pour l'un et autre chose pour l'autre; ils sont inintelligibles pour une génération et clairs comme le jour pour la suivante. Et c'est grâce à cette complexité qu'ils résistent au temps....Nous privons les mots de leur liberté. Nous les réduisons à un seul sens, leur sens utile, celui qui nous permet d'attraper le train et de réussir aux examens.
 

Faire face ! Tel est le challenge, on pourrait même dire le défi, proposé à chacun d’entre nous en cette période délicate s’il en est.

C'était à craindre, mais on pouvait être loin d'y songer: le virus interplanétaire en a réveillé un autre: celui de l'antisémitisme!
 
Première victime: Agnès Buzin. Les officines d'extrême-droite rappellent qu'elle est l'ex belle-fille de Simone Veil. Elle a reçu des menaces de mort.
 

"Si l’on m’apprenait que la fin du monde est pour demain, je planterais quand même un pommier"

Confinement décliné par Virginia Woolf, dans "L'écrivain et la vie":
 
Pour perdurer, chaque phrase doit receler, en son tréfonds, une petite étincelle de feu que le romancier, en dépit du danger, doit à mains nues extraire du brasier. Partant, sa situation devient précaire. Il doit s'exposer à la vie: il doit courir le risque d'être entraîné au loin et trompé par sa duplicité: il doit s'emparer de ses trésors et ne pas tenir compte du rebut. Mais à un moment donné il lui faut quitter la compagnie et se retirer, seul, dans cette pièce mystérieuse où son corps s'affermit et atteint à la permanence par le biais de processus qui, s'ils échappent au critique, exercent pourtant sur lui une si profonde fascination.

"Ce sont mes tableaux qui m'apprennent à peindre, à aller toujours le plus loin possible, le mieux possible!

Je me dis que cela vaut pour tous les artistes, écrivains..."

Bordeaux le 3 avril 2020.

Ce lundi de confinement, c’est ma sortie la plus dangereuse de la semaine, aller au centre-ville déposer à l’agence bancaire les quelques chèques clients récupérés, en raison des incertitudes sur l’acheminement du courrier par la Poste.

Train de ma vie

A la naissance, on monte dans le train et on rencontre nos Parents.
On croit qu'ils voyageront toujours avec nous.
Pourtant, à une station, nos Parents descendront du train, nous laissant seuls continuer le voyage.
Au fur et à mesure que le temps passe, d'autres personnes montent dans le train.
Et elles seront importantes : notre fratrie, nos amis, nos enfants, même l'amour de notre vie.

Histoire d’une petite chose

Un jour, une petite chose arriva sur terre, minuscule, invisible à l’œil nu, ridicule me direz vous ! Et pourtant…

Cette chose se multiplia ici, là bas, plus loin, semant la pagaille, le chaos, la mort.

Tout d’abord, on y accorda pas ou peu d’attention, alors elle frappa plus fort. La population est divisée, certains refusent d’y croire, d’autres s’inquiètent.

Insidieuse, cette chose  se répand par toute la terre.

Les habitants des villes, des campagnes s’enferment dans leur maison.  

A bientôt les jours meilleurs

Il y a un monde fou dans le pommier du Japon
qui n’a jamais autant fleuri que cette année.
Il n’y a pas que cela qui est étrange,
n’était-ce une clameur à 20 h,
on dirait que le paysage a perdu la voix.
Et les gens sont plus distants.
Le boulanger glisse le pain sous la vitre
comme une lettre au parloir.
Il n’y a plus personne à la ronde.
Tout tombe à l’eau.

Comme on voit par transparence,
le soja, la menthe, les crevettes,
dans un rouleau de printemps
à travers la feuille de riz,
tu retrouves au fond de l’eau,
si tu la regardes comme un miroir,
tes places au Théâtre des Champs-Élysées et Chez Francis,
le restaurant que nous avions réservé.

Un voisin a photographié notre jardin, il n’avait jamais vu avant
tant d’oiseaux dans le pommier du Japon.   

23/03/2020

Photo Rémy Hage

 

Covid 19.

Dans une autre vie, j’ai été infirmier à Lourdes avec l’Hospitalité de Touraine.

Le train de pèlerins, baptisé ainsi par la SNCF, mettait plus de six heures de Tours à la ville sanctuarisée. Trois voitures sanitaires transportaient des malades grabataires, polyhandicapés avec, pour certains, des pathologies cardiaques, pulmonaires, dialyses. Les malades valides étaient installés dans les autres voitures avec les infirmiers, infirmières, médecins, aumôniers, prêtes et administrateurs diocésains. Le train ralentissait considérablement à chaque gare pour ne pas brusquer les voitures sanitaires. Le temps du train des pèlerins n’était pas. Le temps ordinaire.

Voir un univers dans un grain de sable
et le ciel dans une fleur des champs.
Tenir l’infini dans sa paume,
mettre l’éternité dans une heure.

Écoute
ce que les mots
ne disent pas
Et ne retiens de l'eau
que le toucher
du sable

Quand nous sommes doublement confinés, par les consignes officielles et par une maladie chronique, nous avons le libre choix de se fondre dans le « syndrome du glissement » ou de se laisser porter par une introspection personnelle. Le premier choix nous conduira inexorablement à une sorte de début de fin de vie et le second nous éveillera à nous même, grâce à une étincelle de vie plus puissante qu’un volcan.

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