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Je rêve que les mots
grandissent dans les champs
qu’il existe des fleurs
à plusieurs syllabes
des plantes sauvages
auxquelles ne manque
que la parole

Loin des vieux livres de grammaire,
Écoutez comment un beau soir,
Ma mère m'enseigna les mystères
Du verbe être et du verbe avoir. 

La lune sacre les songes
Ils ont place parmi nous
merveille que salue le ciel étoilé
tels des enfants à qui manquerait
le sérieux des vieillards

L’éclat nocturne
délivre l’espace

J’entends l’éloge des saisons
l’hymne des roses

La nature fut pour moi un refuge sans faille ni césure. En elle s’opérait un accord extatique. C’est à peine si j’entendais le râle qu’elle m’arrachait.

La nature est inimitable ;
Et quand elle est en liberté,
Elle brille d’une clarté
Aussi douce que véritable.
C’est elle qui sur ces vallons,
Ces bois, ces prés et ces sillons
Signale sa puissance ;
C’est elle par qui leurs beautés,
Sans blesser l’innocence,
Rendent nos yeux comme enchantés.

Jean RACINE
(Œuvres complètes

Je marche avec toi
qui sais l’abandon nécessaire
au poème qui apprend à aller
dans le sens de la vie.

 

Elle s’arrimait au quotidien
s’efforçant de saisir un lien
un brin
de quoi se nouer aux autres

 

La libellule : insecte à quatre pattes transparentes, finement nervurées, aux yeux globuleux à facettes, à l’abdomen relativement court et large, volant rapidement près des eaux en capturant des insectes, et dont la larve, également carnassière, est aquatique. (Définition du Petit Larousse) 

La libellule surgit
comme un appel.

Eugène GUILLEVIC

Et un sourire

La nuit n’est jamais complète
Il y a toujours puisque je le dis
Puisque je l’affirme
Au bout du chagrin une fenêtre ouverte
Une fenêtre éclairée
Il y a toujours un rêve qui veille
Désir à combler faim à satisfaire
Un cœur généreux
Une main tendue une main ouverte
Des yeux attentifs
Une vie la vie à se partager.

Paul ÉLUARD

(Le Phénix)

1940

Mon jeune fils m'a dit : Dois-je apprendre les mathématiques ?
J'ai pensé répondre : A quoi bon ! Deux morceaux de pain
Sont plus qu'un seul, tu t'en apercevras sans étude.

Nouvelles à la main

De la trop soudaine et si brève trille de la fauvette jaillissait,
ô voix de gorge, fuyant trapèze, le mot « hold-up ! »
Puis c’était le silence, et l’arbre où elle avait chanté comme disparu, était sans lignée.

Mauvaise herbe

Il arrive au brin d’herbe d’envier l’olivier solitaire qui s’élève au sommet des collines mamelonnées de l’Ombrie. Le coudoiement lui pèse. Toujours là, enracinés et finement dressés, ces semblables ne cessent de palabrer sur la pluie et le beau temps, à moins qu’ils ne commentent l’atterrissage d’une coccinelle – événement grandiose – sur l’extrême pointe d’une tige qui s’incline sous son énorme poids. Parfois les effarouchent les bottes de sept lieues d’un Dieu terrible qui traverse le pré, écrasant tout.

Le ciel, il faut le ciel vaste comme le vide
A mon front ivre d'air, à mon cœur fou d'azur !
Le ciel sublime, avec son grand soleil d'or pur
Et ses astres cloués à sa voûte solide ;

Allumons le grand boucan de l’espérance
Buvons la clarté musicienne de l’amour

L’avenir est déjà empourpré de colère
Retrouvons l’imagination royale de l’enfance
la voie authentique de la création…

Jean MÉTELLUS

(Voix nègres, voix rebelles, voix fraternelles –Éditions Le temps des Cerises)

Mai

Le mai le joli mai en barque sur le Rhin
Des dames regardaient du haut de la montagne
Vous êtes si jolies mais la barque s’éloigne
Qui donc a fait pleurer les saules riverains ?

Un bouquet de muguet,
Deux bouquets de muguet,
Au guet ! Au guet !
Mes amis, il m’en souviendrait,
Chaque printemps au premier mai.
Trois bouquets de muguet,
Gai ! gai !
Au premier mai,
Franc bouquet de muguet.

Robert DESNOS

(Chantefleurs et chantefables – Gründ éditions)

J’ai mis ma main dans la main du monde
J’ai mis mes pas dans les pas des autres
J’ai versé ma voix dans les paroles des chants
J’ai bu  comme à la régalade
Les mots dans les carafes du langage le plus commun
Celui que l’on partage à la tablée des hommes
J’ai rompu le pain dont les femmes ont le secret
J’ai voulu conserver le feu de l’espérance.

Berceuse
EYE Sama Néné Touty !
Si tu sèches tes larmes,
Je te ferai un berceau
Des merveilles de l’univers.
Eye Sama Néné
Si tu sèches tes larmes

Le comptable du ciel
a beau compter
et recompter
il lui manque une étoile

C’est le facteur rural
qui l’a retrouvée
entre la Chaussée d’Antin
et le Revest des Brousses

Je vous prie d’en aviser
Le Préfet de Police

Jules MOUGIN  (Le comptable du ciel – éditions Harpo)

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